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Une coalition à minima en Arménie

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Faute de pouvoir rallier le Parti Arménie prospère (BHK) dans une nouvelle coalition de gouvernement, le Parti républicain (HHK) du président Serge Sarkissian s’est résigné à announcer la formation d’une coalition avec le Parti Orinats Yerkir (Pays de droit), qui faisait déjà partie lui aussi de la coalition gouvernementale sortante.

 Une maigre consolation, Orinats Yerkir n’ayant atteint que d’extrême justesse le seuil des 5 % de voix lui donnant accès au Parlement lors des législatives du 6 mai, qui l’avaient relégué à la dernière place, alors que le BHK, arrivé en 2e position derrière le HHK, renforçait ses assises dans le Parlement. Mais le HHK semblait vouloir à tout prix d’une coalition, dont il pouvait pourtant se passer pour gouverner, au regard des resultants des elections, certes controversés, qui lui accordent une confortable majorité à l’Assemblée. “Sur la base des resultants des elections legislatives du 6 mai 2012 ; étant donné l’importance d’une poursuite de l’accord de coopération politique du 21 mars 2008 ; eu égard à la nécessité de résoudre les problèmes du pays par des approches innovantes, garantissant à l’Arménie progrès et développement... les partis politiques, représentés au Parlement et signataires de ce texte, forment une coalition politique. La coalition assumera la responsabilité du développement politique, économique et social de l’Arménie”, indique notamment le texte commun signé par S. Sarkisian et le leader d’Orinats Yerkir, Artur Baghdasarian. Tous les membres du Parlement avaient reçu le merdredi 30 mai leur lettre d’enregistrement parlementaire adressée par la Commission électorale centrale d’Arménie. L’annonce relative à la formation d’une coalition de gouvernement est intervenue quelques heures avant l’attribution des mandats parlementaires. Le nouveau Parlement devait se réunir en une première séance le 31 mai. Pourtant, avant même cette première séance, le Parti républicain avait annoncé la nomination de Hovik Abrahamian à la présidence du Parlement, un poste qu’il avait d’ailleurs occupé depuis 2008 jusqu’à novembre 2011, quand il avait été désigné pour diriger la campagne de son parti pour les législatives. Son départ précipité de la présidence du Parlement avait alors prêté à des spéculations dans la presse arménienne, certaines rumeurs faisant état de l’éventualité d’une mise à l’écart par les responsables du HHK d’un responsable politique qui aurait pu être tenté par une alliance avec Robert Kotcharian. 

Le gouvernement se passera en tout cas de l’appui du BHK, qui peut ainsi prendre une option sur l’avenir sans la tutelle pesante du HHK, même s’il n’a pas encore pris vraiment ses marques dans le nouveau Parlement où il dispose d’une trentaine de sièges contre 69 pour le parti présidentiel et 6 seulement pour son allié Orinats Yerkir. Alors que le parti au pouvoir n’a pas renoncé à s’attirer ses bonnes grâces, en laissant entendre à plusieurs reprises qu’une coopération restait possible en dehors de la coalition, la 2e force du Parlement arménien n’a pas encore annoncé si elle se rangerait dans l’opposition, et il semble que ce débat en divise la direction. Jouant un rôle croissant à la direction du BHK, qu’il avait intégrée quelques mois avant le scrutin, l’ancien ministre des affaires étrangères Vartan Oskanian n’avait pas ménagé ses critiques à l’encontre du pouvoir. Il a toutefois nuancé ses positions. Il a ainsi fait savoir que son parti assumera les mandats électifs qui sont les siens dans le seul but de réaliser les programmes sur lesquels il avait fait campagne. “Le parti incarne la volonté de réformes politiques, économiques et sociales exprimée durant la campagne électorale. Nous avons fait des promesses au peuple et nous nous emploierons à tenir ces engagements par la force de notre travail au Parlement”, a déclaré M. Oskanian, en précisant qu’Arménie prospère constituerait une alternative au pouvoir, et non une force d’opposition.

Par ailleurs, plus déterminé que jamais pour sa part à incarner l’opposition, depuis qu’il a fait son entrée au Parlement à la faveur du scrutin du 6 mai, le Congrès national arménien (HAK) de l’ancien président Levon Ter Petrossian a annoncé qu’il n’assisterait pas à la première séance du nouveau Parlement en signe de protestation. L’alliance de partis d’opposition, qui a contesté les résultats officiels du scrutin au nom des irrégularités et fraudes qui l’auraient entaché, a néanmoins fait savoir qu’elle serait une force active et déterminée dans la législature qui s’annonce.

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