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La Francophonie en question : une journée de colloque organisée par l’UFAR.

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Dans le cadre de la Francophonie, l’UFAR a accueilli une journée entière de colloque sur le thème de la francophonie économique. Les discussions ont tourné autour du défi de diffuser la francophonie à l’heure de la mondialisation et de la nécessite pour cela de renforcer les liens entre les pays membres ou observateurs de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

Autour de la table, de nombreux experts étaient présents, notamment Yves Montenay, Président de l’Institut Culture, Économie et Géopolitique, Christian Philip, Recteur de l’Académie de Montpellier, ou encore Serge Regourd, habitué de l’Arménie depuis l’instauration du master portant sur les activités touristiques et culturelles, partenariat entre Toulouse 1 et l’UFAR qu’il a mis en place deux ans auparavant. L’ambassadeur Henri Reynaud a entamé la conférence par un discours d’ouverture très optimiste sur la force des francophones sur la scène internationale. Dans un monde de plus en plus porté sur le multilinguisme, savoir se différencier en parlant français devient d’autant plus essentiel et payant pour s’intégrer dans les grandes entreprises internationales.

L’idée générale du colloque fut que pour que la Francophonie puisse continuer à exister, il fallait agir, et ne pas se contenter de se réunir deux fois par an lors des forums mondiaux. En effet, l’emprise sans précédent de la langue anglaise dans l’univers de la finance, des affaires publiques et de la politique internationale met à mal la Francophonie et oblige l’OIF a faire des efforts de plus en plus importants pour lutter contre cette uniformisation culturelle.

De plus, la question des liens entre les 75 États de l’OIF, tous très différents, est souvent liée au projet encore lointain d’un visa francophone, afin d’améliorer la mobilité des différents acteurs et donc de promouvoir la Francophonie par l’échange et le partage. Mais ceci ne doit pas être en contradiction avec les politiques migratoires des États, d’où le blocage de plusieurs pays tels que la France. D’après les participants, une plus grande ouverture vers les pays francophones du Sud est pourtant nécessaire au développement de la Francophonie. Une idée défendue par Philippe Péjo, ancien conseiller du secrétaire d’État à la Francophonie, qui cite Senghor et Bourguiba, pères fondateurs de la Francophonie, comme des exemples d’intégration par la mobilité. De même, Sélim el Sayegh, maître de conférence à Paris-Sud 11 parle d’une coopération intégrative, en intégrant les pays qui en feraient la demande selon certains critères. Ceci permettrait de structurer l’innovation et de ne pas laisser la Francophonie uniquement aux mains des experts venant des pays les plus développés.

L’anglais a également été mis à mal lors du colloque, de nombreux intervenants se sont penchés sur la perte de son monopole, notamment Pierre Gény, secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences d’Outre-Mer, qui a affirmé que dans le monde désormais défini, et donc clos, il n’y avait plus rien à découvrir et que par conséquent, l’uniformité devait laisser place à la diversité. Philippe Péjo a, lui, cité Claude Hagège, linguiste reconnu qui critique l’anglais pour le mauvais usage qui en est fait dans le monde et pour les approximations souvent excessives du langage. Et comme preuve ultime de la supériorité intrinsèque du français sur l’anglais, lors de la remarque d’un étudiant disant que l’anglais l’avait énormément aidé pour apprendre le français, Serge Regourd conclut sur le constat que le seul intérêt de l’anglais était d’être une passerelle vers le français !

Toutes ces réflexions ont eu le mérite de donner confiance en l’avenir de la Francophonie, les participants ont évoqué le droit au bonheur, le respect et le partage à une heure où la mondialisation pousse uniquement à l’efficacité, à l’employabilité et au profit. Sans pour autant ignorer ces aspects, le colloque a mis en avant l’intérêt stratégique de la Francophonie sur la scène internationale, autant par son succès grandissant dans la diversité vers laquelle s’engage le monde que par les valeurs d’ouverture et d’intégration qu’elle transmet.

Hugo Ruher

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